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Info Santé

A-t-on plus de risque d’avoir un accouchement prématuré si l’on souffre d’endométriose ?



Souffrir d’endométriose réduit les chances de tomber enceinte mais cette maladie complique-t-elle aussi la grossesse ? Va-t-elle se dérouler normalement ? Quelles sont les données actuelles sur le risque d’accouchement prématuré ?

L’endométriose touche une femme sur dix en âge de procréer en France. C’est une maladie chronique mais qui disparaît à la ménopause. Elle se caractérise par la présence pathologique de tissu utérin (l’endomètre) en dehors de la cavité utérine, dans les organes voisins comme le muscle utérin, l’ovaire ou le péritoine. Elle peut se traduire par des douleurs pendant les règles ou pendant les rapports sexuels, des douleurs abdominales ou lombaires.

Généralement considérées comme normales par les femmes, voire par les professionnels de santé insuffisamment sensibilisés à cette pathologie, ces douleurs ne sont pas toujours correctement prises en compte lors des consultations médicales et le diagnostic d’endométriose est souvent tardif : jusqu’à sept ans d’errance diagnostique ! Cette maladie est aussi une source fréquente d’infertilité.

L’endométriose étant une pathologie touchant la cavité utérine, les femmes atteintes ayant réussi à tomber enceintes se poseront donc légitimement des questions sur le déroulement de leur grossesse. En particulier, les femmes atteintes ont-elles plus de risques d’avoir un accouchement prématuré ? Une équipe a mené une étude pour tenter de répondre à cette question. Les résultats ont été publiés dans le Jama le 8 février 2022.

Quels sont les différents phénotypes de l’endométriose ?

Le tissu utérin peut avoir trois principales localisations anormales. Il en résulte trois phénotypes distincts : l’endométriose péritonéale isolée superficielle, l’endométriose ovarienne et l’endométriose profonde. La deuxième peut être couplée à la première ; la troisième peut être couplée aux deux premières.

Comment l’étude a-t-elle été menée ?

Les auteurs ont réalisé une étude multicentrique et prospective entre le 4 février 2016 et le 28 juin 2018. Prospective signifie que la période de suivi débute à la date de début de l’essai. Multicentrique signifie que l’étude a été simultanément menée dans plusieurs maternités, en l’occurrence 7, toutes situées en France. Les patientes attendant plusieurs enfants (grossesse gémellaire), positives au VIH, ou ayant une grossesse à risque ont été exclues de l’étude.

Les patientes atteintes devaient disposer d’un diagnostic correctement documenté avec des examens d’imagerie, une classification des lésions avec confirmation par examen anatomo-pathologique. Parce que les différents phénotypes d’endométriose coexistent souvent, les patientes ont été classées dans le groupe présentant le plus mauvais pronostic. Par exemple, si une patiente est atteinte d’endométriose profonde et d’endométriose péritonéale isolée superficielle, elle est catégorisée dans le groupe d’endométriose profonde.

Un groupe de femmes non atteintes d’endométriose a également été constitué. Afin d’éviter d’inclure dans ce groupe des personnes atteintes mais non diagnostiquées, les auteurs ont pris soin de sélectionner des patientes n’ayant jamais été absentes de l’école à cause de la douleur pendant les règles ou n’ayant pas eu de prescription précoce de pilule pour soulager la souffrance durant les menstruations.

Existe-t-il un risque d’accouchement prématuré ? Est-il dépendant du phénotype de l’endométriose ?

L’étude a inclus 1.351 femmes dont 470 atteintes de la maladie. Les résultats ont été analysés en prenant en compte le phénotype d’endométriose, l’âge de la mère, les antécédents gynécologiques, la présence d’un surpoids avant la grossesse. Dans le groupe de patientes atteintes d’endométriose, 34 (7,2 %) ont eu un accouchement prématuré, c’est-à-dire avant 37 semaines d’aménorrhée. Dans le groupe de femmes saines, 53 (6 %) ont accouché avant les 37 semaines. Ces résultats ne sont pas statistiquement significatifs. Par ailleurs, aucune différence n’a été observée entre les différents phénotypes. Les patientes atteintes d’endométriose peuvent donc être rassurées sur ce point.

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