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Info Santé

Six dangereux virus créés en laboratoire



Alors que l’hypothèse d’un virus échappé d’un laboratoire persiste toujours à propos du SARS-CoV-2, d’autres virus extrêmement pathogènes ont bien été créés par l’Homme, officiellement dans le but de mieux étudier et prévenir les épidémies. De quoi alimenter les craintes de bioterrorisme jusque dans la communauté scientifique.

Il n’existe aucune preuve que le coronavirus SARS-CoV-2 se soit échappé d’un laboratoire de Wuhan. Mais plusieurs laboratoires ultra-sécurisés manipulent effectivement de dangereux virus, et vont même jusqu’à en créer volontairement pour leurs expériences scientifiques. Des expérimentations qui font débat en raison du risque de bioterrorisme ou de fuite dans la nature mais qui, selon leurs auteurs, sont au contraire nécessaires pour anticiper les prochaines épidémies.

Mais tous les virus ne sont pas nocifs pour l’humanité : certains sont utilisés dans les vaccins, combattent les cellules cancéreuses ou tuent de dangereuses bactéries.

Un hybride mortel du virus de la grippe aviaire

En 2013, des médecins chinois ont annoncé dans la revue Science avoir fabriqué un virus hybride à partir de souches de virus H5N1 et H1N1. Le premier, responsable de la grippe aviaire, est très dangereux pour l’Homme mais peu transmissible à l’humain. Le second, en revanche très contagieux, est à l’origine de la pandémie de grippe dévastatrice de 2009-2010. Autant dire que le mélange est potentiellement explosif. L’objectif de l’équipe partait pourtant d’une intention louable, censée prévenir les prochaines pandémies mondiales en détectant les futurs virus susceptibles d’émerger. Mais cette approche suscite aussi les craintes de la communauté scientifique. En 2011, des chercheurs du laboratoire au centre médical universitaire Erasmus de Rotterdam (Pays-Bas) avaient renoncé à publier publiquement leur article expliquant la manière dont ils avaient créé un virus de type H5N1.

Le virus de la poliomyélite reconstruit par la génétique

C’est l’un des premiers virus de synthèse reconstruits par les scientifiques : en 2002, des chercheurs de l’université de New York ont fabriqué le virus de la poliomyélite à partir de zéro, en assemblant des séquences génétiques glanées dans des bases de données librement accessibles, puis en convertissant l’ADN en ARN grâce à une enzyme. Une méthode applicable « à n’importe quel virus », avait alors expliqué Diane Griffin, principale auteure de l’étude publiée dans la revue Science. L’agent infectieux s’est avéré tout aussi mortel pour les cellules humaines que le virus original. Le poliovirus est cependant l’un des moins complexes au niveau génétique, ce qui explique pourquoi ce fut l’un des premiers à être synthétisé.

Le virus de la variole pour 100.000 dollars

Des virologues canadiens ont réussi en 2017 à reconstruire un orthopoxvirus proche de celui de la variole, une maladie que l’humanité a mis des décennies à éradiquer et qui a fait plus de 300 millions de morts rien qu’au XXe siècle. Il leur a suffi de 100.000 dollars et de quelques ingrédients commandés sur Internet pour parvenir à créer une souche de ce virus affectant heureusement uniquement les chevaux. Mais, selon les scientifiques, il serait tout à fait possible de recréer le véritable virus de la variole avec les mêmes moyens. La recherche, qui avait pour but d’améliorer le vaccin actuel contre la variole, avait toutefois suscité l’inquiétude de la communauté scientifique sur les risques de bioterrorisme associés à la création de ce nouveau virus.

Le SARS 2.0, un hybride ultrarésistant du SRAS de 2003

Treize ans après l’émergence du SARS en 2003, une équipe de scientifiques a publié dans Nature Medicine, le mode d’emploi d’un virus chimérique appelé CoV-SHC014, adapté d’un virus de chauve-souris pour infecter les cellules humaines. Ralph Baric, professeur d’épidémiologie à l’Université de Caroline du Nord et auteur principal de l’étude, avait alors déclaré que cette souche mutante était capable « de résister à tous les vaccins et à l’immunothérapie ». « Si ce virus s’échappait, personne ne pourrait prédire la trajectoire », s’était alors inquiété dans Nature Simon Wain-Hobson, virologue à l’Institut Pasteur de Paris. Ironiquement, l’objectif des chercheurs était d’aider à mettre au point un vaccin contre « des virus encore non identifiés ». Finalement, ce sera une autre version du SARS qui causera la pandémie sans précédent de 2020.

Un virus bovin hautement pathogène

Détecté pour la première fois en Angleterre en 2012, le virus de Schmallenberg (SBV) touche les ruminants (bovins et ovins) et se traduit par de la fièvre, une diarrhée sévère et des avortements spontanés. En 2013, il a activement circulé dans la plupart des pays européens, entraînant d’importantes pertes dans les élevages. Ce virus à ARN de la famille des Orthobunyavirus n’infecte pas les humains, mais d’autres virus du même genre, comme le virus Umbre, il est transmissible à l’Homme et peut provoquer des encéphalites. En 2013, des chercheurs de l’université de Glasgow, en Écosse, ont fabriqué plusieurs versions synthétiques du SBV plus ou moins virulentes en manipulant son code génétique, afin d’étudier ses caractéristiques pour produire un vaccin. Le risque existe toutefois avec ce genre d’expériences de produire une mutation qui permettrait au virus de franchir la barrière d’espèce.

Un virus synthétique, tueur de bactéries

Un virus artificiel parfaitement semblable à un virus naturel a été créé en 2018 par une équipe de l’University College de Londres, qui a publié son mode d’emploi dans la revue Nature Communications. Le virus, qui s’attaque uniquement aux bactéries, se fixe sur la cellule et perce des petits trous sur sa membrane, entraînant la perte du contenu de la cellule, puis la mort de la bactérie « en quelques secondes ». Une recherche destinée à combattre les bactéries résistantes aux antibiotiques, ont affirmé les chercheurs. Ces virus particulièrement agressifs pourraient également être utilisés comme outil d’édition génétique dans les cellules humaines, étant donné qu’ils ont la capacité d’y pénétrer comme les virus naturels. Encore faudrait-il étudier ses effets précis, car certaines bactéries sont vitales pour notre organisme.

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